[En ligne] Art et résistance aborigènes contre la destruction des terres en Australie

Paradis perdus - Colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes

Suite aux dispositions prises par l'INHA dans le contexte du COVID-19, cette conférence se déroulera uniquement en ligne.

Au printemps 2020, la destruction par la multinationale Rio Tinto des grottes de Juukan George, site archéologique vieux de 46 000 ans, a provoqué un mouvement national de protestation par rapport au non respect des lois patrimoniales qui garantissent en principe les Aborigènes concernés de la protection de leurs sites sacrés. Pour les centaines de groupes de langues différentes d’Australie, la terre est sillonnée de pistes totémiques qui relient des sites sacrés. Le principe de cette cartographie spirituelle fut en partie reconnue lors des procès territoriaux qui depuis 1976 ont permis aux Aborigènes de différentes régions de récupérer des droits ancestraux sur les terres dont ils avaient été dépossédées avec la colonisation. L’art fut mobilisé pour accompagner ces revendications territoriales, certaines encore en cours. Malgré les lois obtenues par des décennies de luttes aborigènes, et une mobilisation depuis des années contre l’exploitation du gaz de schiste qui menace les eaux et les terres, en octobre 2020, la compagnie Origin a commencé à fracturer le sol dans le Territoire du Nord. Des exemples de résistance artistique seront montrés avec des œuvres du désert, du nord mais aussi d’artistes urbains qui travaillent comme Brook Andrew, curateur de la dernière Biennale de Sydney, à déconstruire les archives et les collections coloniales.
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Intervenant
Barbara Glowczewski (CNRS)
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À propos du cycle de conférences « Paradis perdus »

Le programme « Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes » vise à contribuer auprès de la communauté scientifique et au-delà, par l’élaboration de connaissances sur les images, les textes et les transformations de lieux, au mouvement actuel des humanités environnementales – qui cherche à dépasser le dualisme entre nature et culture et à repenser l’action humaine sur Terre face aux urgences climatiques et écologiques –, aussi bien du point de vue des intentions qui sont à l’origine de ces productions, que de leurs modes de présentation, de réception et de la continuité de leurs effets.

Voir le programme complet du cycle de conférences

Paradis perdus - Colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes
Peinture warlpiri à l'acrylique sur toile de Kitty Simon Nanpanangka, "Rêve des Femmes Bâton à Fouir à Mina Mina", 2018. Couverture de l'ouvrage de Barbara Glowczewski, Indigenising Anthropology with Guattari and Deleuze, Edinburgh University Press (2019)

Mercredi 16 décembre, 18h00

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, Salle Giorgio Vasari

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris