[En ligne] Au-delà des œuvres d’art. Traces et mémoire des spoliations des livres et des objets et mobiliers ordinaires

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) – Conséquences, mémoires et traces de la spoliation

Cette séance sera diffusée en direct sur la chaîne Youtube de l'INHA

La spoliation des œuvres d’art est sans doute la plus spectaculaire, celle qui marque le plus les esprits. Mais la spoliation a d’abord touché d’autres champs : le quotidien, l’immobilier, les outils de travail, et, sur le plan culturel, les livres et les bibliothèques, avec des millions d’ouvrages spoliés. Comment appréhender ces différents niveaux de spoliations ? Quels enjeux de mémoire soulèvent-ils ? La mémoire des spoliations est-elle identique pour les biens pillés ? Que représentent les différentes spoliations pour les familles aujourd’hui, et quelles politiques de mémoire peut-on bâtir sur ces spoliations d’ampleur différente ? Sarah Gensburger et Benjamin Guichard, deux chercheurs aux champs d’activité multiples, s’interrogent sur les différentes catégories de spoliations, la portée de la restitution et les politiques de mémoire qui y sont associés.

Intervenants

Sarah Gensburger, historienne, sociologue, chargée de recherche au CNRS
Benjamin Guichard, conservateur des bibliothèques, directeur scientifique de la bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC)

À propos de ce séminaire

Après un premier cycle de séminaires «Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945)» en 2019-2020, consacrés à la recherche de provenance dans différents pays, musées ou collections, le séminaire poursuit l’étude de quelques cas particuliers, aborde de nouveaux pays et s’intéresse à la situation de certaines galeries. Pour cette deuxième année, le séminaire élargit la réflexion au contexte, à la signification et aux conséquences des recherches de provenance et des restitutions d’œuvres d’art. Si la nécessité de la recherche et des restitutions des biens spoliés pendant la période nazie s’est désormais, et heureusement, imposée, cette quête suscite encore critiques et interrogations. Les questions sont nombreuses: pourquoi recherche-t-on les œuvres d’art ? Pourquoi s’intéresse-t-on aux œuvres d’art plus qu’à d’autres biens spoliés ? Quelles sont les conséquences d’une restitution pour les descendants de personnes spoliées ? Qu’est-ce que restituer veut dire, pour les descendants des spoliés, qui se retrouvent aux prises avec une mémoire parfois difficile à affronter, ou pour les musées, qui voient partir une œuvre jusque-là exposée au public ? Le séminaire s’intéressera également aux artistes et écrivains inspirés aujourd’hui par les thèmes de la spoliation, de la disparition et de la recherche des traces. Au côté des chercheurs de provenance, des historiens de l’art et des juristes, ces créateurs font vivre le souvenir des hommes et des femmes qui furent spoliés ; ils retracent et font revivre autrement le parcours des biens et de leurs anciens propriétaires dépossédés.

En partenariat avec l’Institut national du patrimoine (INP)

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) – Conséquences, mémoires et traces de la spoliation
Stand de casseroles pillés, préparé par les détenus du camp de Lévitan à l’occasion de la visite de Kurt von Behr à la tête de la Dienststelle Westen. Probablement en 1943. © B.323-311-58. Bundesarchiv Koblenz

Mercredi 20 janvier, 18h30

Adresse

Institut national d'histoire de l'art (INHA)

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris

Conditions