Le récit de la recherche : l’apparition et la construction de la mémoire

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) – Conséquences, mémoires et traces de la spoliation

Pauline Baer de Pérignon s’est lancée dans la recherche des œuvres de la collection de Jules Strauss, son arrière-grand-père, spolié pendant l’Occupation; au-delà, c’est à la recherche des traces de son aïeul, dans les musées et dans sa famille, que l’arrière-petite-fille s’est consacrée. Pauline Baer de Pérignon le raconte dans La Collection disparue, publiée en septembre 2020. Pourquoi s’est-elle consacrée à cette quête ? Comment estelle devenue chercheuse de provenance quasi professionnelle ? Comment l’histoire familiale, toujours complexe, parfois obscure, apparaît ou réapparaît à mesure que le parcours des œuvres se dessine ; comment 80 ans après les faits, celle qui n’a pas connu son arrièregrand-père se retrouve dépositaire d’une mémoire qui n’était pas la sienne, mais qui devient centrale et personnelle ? Et comment, de tout cela, naît un récit littéraire ? L’écriture de la recherche et de la mémoire sera au cœur du dialogue avec Pauline Baer de Pérignon, une écriture qui dévoile les traces de la spoliation, et qui constitue en elle-même une nouvelle forme de mémoire.

Intervenante

Pauline Baer de Pérignon (autrice de La Collection disparue, Stock, 2020)

À propos de ce séminaire

Après un premier cycle de séminaires «Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945)» en 2019-2020, consacrés à la recherche de provenance dans différents pays, musées ou collections, le séminaire poursuit l’étude de quelques cas particuliers, aborde de nouveaux pays et s’intéresse à la situation de certaines galeries. Pour cette deuxième année, le séminaire élargit la réflexion au contexte, à la signification et aux conséquences des recherches de provenance et des restitutions d’œuvres d’art. Si la nécessité de la recherche et des restitutions des biens spoliés pendant la période nazie s’est désormais, et heureusement, imposée, cette quête suscite encore critiques et interrogations. Les questions sont nombreuses: pourquoi recherche-t-on les œuvres d’art ? Pourquoi s’intéresse-t-on aux œuvres d’art plus qu’à d’autres biens spoliés ? Quelles sont les conséquences d’une restitution pour les descendants de personnes spoliées ? Qu’est-ce que restituer veut dire, pour les descendants des spoliés, qui se retrouvent aux prises avec une mémoire parfois difficile à affronter, ou pour les musées, qui voient partir une œuvre jusque-là exposée au public ? Le séminaire s’intéressera également aux artistes et écrivains inspirés aujourd’hui par les thèmes de la spoliation, de la disparition et de la recherche des traces. Au côté des chercheurs de provenance, des historiens de l’art et des juristes, ces créateurs font vivre le souvenir des hommes et des femmes qui furent spoliés ; ils retracent et font revivre autrement le parcours des biens et de leurs anciens propriétaires dépossédés.

En partenariat avec l’Institut national du patrimoine (INP) .

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) – Conséquences, mémoires et traces de la spoliation
Couverture du livre de Pauline Baer de Perignon, La collection disparu, Stock, Paris 2020

Jeudi 11 février, 18h30

Adresse

Institut national d'histoire de l'art (INHA)

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris

Conditions

  • Modalités à venir