Fabrique de la couleur au XVIIIe siècle : à la recherche du liant idéal

Séminaire

Au XVIIIe siècle, savants et artistes s’associent pour mettre au point des couleurs pour la peinture plus vives, mais aussi plus durables. Plusieurs éléments fondamentaux sont alors remis en question, telles la compatibilité des pigments avec certains liants, ou les règles des mélanges de couleurs. De nouveaux pigments et liants sont alors inventés. Le modèle antique est souvent évoqué, par exemple, dans les textes vantant les mérites de l’encaustique. Des expériences sont menées pour éprouver de nouvelles recettes, pour montrer qu’elles surpassent les techniques traditionnelles et contribuent à une amélioration de la peinture. Cette réflexion profite à tous les domaines des arts décoratifs. Ainsi, elle a pour conséquence l’apparition d’essais picturaux originaux, dont la pérennité est souvent contestable.

Intervenante
Delphine Morana-Burlot (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

À propos de ce séminaire

Cette deuxième saison du séminaire s’intéresse aux sources et aux écrits relatifs à la couleur, et à la description des matériaux de la couleur. Dès l’Antiquité, on les trouve sous la forme d’ouvrages à caractère théorique ou encyclopédique (telle l’œuvre de Pline l’Ancien) ou de quelques témoignages anciens. C’est principalement à partir du Moyen Âge que la littérature dite des recettes artistiques connaît un développement sans précédent. En parallèle de certaines œuvres désormais bien connues, telles que le Traité de Théophile ou le Libro dell’arte de Cennini, des centaines de réceptaires, principalement anonymes, ont été mis au jour. L’étude de ce corpus permet de documenter un large horizon de pratiques artistiques, depuis le bas Moyen Âge, jusqu’à la fin des Temps modernes au moins. S’ajoutent les livres de secrets, les traités artistiques – plus largement diffusés par le biais de l’imprimerie, et les carnets d’artistes.

Au cours du séminaire, il sera permis de mieux envisager la diversité de ces sources, dans leurs formes et leurs propos. En présentant l’usage actuel qu’il peut en être fait dans le cadre de l’étude de la couleur et de ses matériaux, nous aborderons leurs limites, de même que les prérequis nécessaires à l’exploitation pertinente de ces textes, et les informations qu’ils sont susceptibles de nous fournir.

En partenariat avec la Bibliothèque nationale de France (BnF)

Comité scientifique
Claire Bosc-Tiessé (INHA), Charlotte Denoël (BnF), Anne-Solenn Le Hô (C2RMF), Sigrid Mirabaud (INHA), Delphine Morana-Burlot (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Federico Nurra (INHA), Laurianne Robinet (Centre de recherche sur la conservation)

Programme de recherche
« La fabrique matérielle du visuel : transferts des matériaux et des techniques des panneaux peints en Méditerranée XIIIe – XVIe siècles » (domaine Histoire de l’art du XIVe au XIXe siècle)

Séminaire
Giuseppe Cadès, Alexandre dans l'atelier d'Apelle, encaustique sur toile (1792), 80,5 x 114 cm, conservée au musée de l'Ermitage. Cliché Hermitage Museum.

Mardi 13 décembre, 14h00

Adresse

INHA, Galerie Colbert, salle Walter Benjamin

2 rue Vivienne - 75002 Paris