Fac-similés et copies de documents

Un laboratoire pour l’histoire de l’art : la Bibliothèque d’art et d’archéologie de Jacques Doucet

Les premières collections de la Bibliothèque d’art et d’archéologie témoignent de l’intérêt porté aux documents d’archives, dont des copies manuscrites furent spécialement réalisées et qui nourrirent les recherches d’érudits comme Albert Vuaflart, secrétaire de Doucet et directeur de l’institution. La présence de chartistes parmi le personnel, à côté des littérateurs d’art, joua probablement un rôle en faveur de cette politique visant à constituer des séries documentaires ; elle s’accompagna rapidement d’un intérêt envers les techniques de fac-similé. Le souhait de fournir des documents fiables aux amateurs comme aux historiens et de pérenniser des unicum présida en effet à la création de la Société de reproduction de dessins de maîtres et de la Société française de reproductions de manuscrits à peintures, accueillies par la Bibliothèque. Cette séance sera l’occasion de revenir sur la place du fac-similé dans l’histoire de l’art au début du XXe siècle et les méthodes qu’il induit, en s’interrogeant en particulier sur ses rôles au sein de la bibliothèque de l’École des chartes.

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Intervenantes
Camille Dégez-Selves (ENC)
Caroline Fieschi (INHA)
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À propos du séminaire

À l’origine de l’actuelle bibliothèque de l’INHA, la première bibliothèque créée par le couturier-mécène Jacques Doucet est paradoxalement peu connue. Ouverte au public à partir de 1910 au moins sous le nom de Bibliothèque d’art et d’archéologie, cette institution aux ambitions universelles fut créée en moins d’une dizaine d’années grâce à des moyens financiers conséquents ; son fondateur s’appuya sur les conseils et bibliographies de nombreux historiens de l’art ainsi que sur des équipes où des professionnels côtoyaient amateurs, littérateurs et érudits.

L’étude de la création et du fonctionnement de cette institution offre un tableau particulièrement intéressant de l’histoire de l’art telle qu’elle pouvait se pratiquer à Paris au début du XXe siècle ; elle permet de percevoir les réseaux, ambitions et méthodes qui alimentèrent tour à tour les réflexions de Doucet et firent de sa bibliothèque une entreprise novatrice dont la dynamique fut profondément affectée par la Première Guerre mondiale.

Pour sa première année, le séminaire souhaite restituer les dernières recherches menées sur cette bibliothèque exceptionnelle en les remettant en contexte. Les quatre séances permettront ainsi d’explorer les collections réunies par Doucet, les moyens de leur constitution et leurs spécificités, en les confrontant à celles d’autres grandes institutions contemporaines.

Voir le programme complet du cycle de séminaires

Mercredi 31 mars 2021, 17h30

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, Salle Giorgio Vasari

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris

Conditions

  • Entrée libre