La restitution des biens culturels en France, de 1944 aux années 1990 : entre politique publique, demande sociale et rapport au passé

Séminaire

Après un premier cycle de séminaires « Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) » en 2019, consacrés à la recherche de provenance dans différents pays, musées ou collections, le séminaire poursuit l’étude de quelques cas particuliers, aborde de nouveaux pays et s’intéresse à la situation de certaines galeries. Pour cette deuxième année, le séminaire, organisé en lien avec l’Institut national du patrimoine et la Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 du ministère de la Culture, élargit la réflexion au contexte, à la signification et aux conséquences des recherches de provenance et des restitutions d’œuvres d’art. Si la nécessité de la recherche et des restitutions des biens spoliés pendant la période nazie s’est désormais, et heureusement, imposée, cette quête suscite encore critiques et interrogations. Les questions sont nombreuses : pourquoi recherche-t-on les œuvres d’art ? Pourquoi s’intéresse-t-on aux œuvres d’art plus qu’à d’autres biens spoliés ? Quelles sont les conséquences d’une restitution pour les descendants de personnes spoliées ? Qu’est-ce que restituer veut dire, pour les descendants des spoliés, qui se retrouvent aux prises avec une mémoire parfois difficile à affronter, ou pour les musées, qui voient partir une œuvre jusque-là exposée au public ?

Le séminaire s’intéressera également aux artistes et écrivains inspirés aujourd’hui par les thèmes de la spoliation, la disparition et la recherche des traces. Au côté des chercheurs de provenance, des historiens de l’art et des juristes, ces créateurs entretiennent le souvenir des hommes et des femmes qui furent spoliés ; ils retracent et font revivre autrement le parcours des biens et de leurs anciens propriétaires dépossédés.

En partenariat avec l’Institut national du patrimoine.

Comité scientifique
Danièle Cohn (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Christian Hottin (INP), France Nerlich (INHA), Ines Rotermund-Reynard (INHA), Juliette Trey (INHA), David Zivie (mission M2RS, ministère de la Culture)

Programme de recherche
« Répertoire des acteurs du marché de l’art en France sous l’Occupation (1940-1945) », cheffe de projet Ines Rotermund-Reynard (domaine Histoire des collections, histoire des institutions artistiques et culturelles, économie de l’art)

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A propos de ce séminaire

La restitution des biens culturels en France, de 1944 aux années 1990 : entre politique publique, demande sociale et rapport au passé

Dans l’après-guerre, la restitution des biens culturels s’est faite presque sans publicité. Ni l’État ni les spoliés n’ont mené de campagne publique. Plus tard, les mémoires des victimes de la persécution ne se sont pas non plus étendus sur la spoliation et la restitution. Ce relatif silence n’est pas synonyme d’inertie. Les organisations juives et les requérants ont orienté la politique publique de la France et surtout de l’Allemagne à partir de 1957. C’est sans bruit également que la première phase française de restitution a pris fin, dans les années 1950. Entamée dans les années 1990, la deuxième phase a pris son essor, au contraire, dans l’espace médiatique, et suscité la publication de témoignages de la part de la troisième génération. La question des oeuvres d’art en a été l’un des moteurs. Peut-on considérer que le rapport au passé s’est transformé ?

Intervenants
Claire Andrieu (Sciences Po, Paris), Simon Perego (Institut national des langues et civilisations orientales)

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Informations pratiques

Jeudi 9 décembre
18h30 à 20h
INHA, galerie Colbert, auditorium Jacqueline Lichtenstein

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Séminaire
Les locaux du Centre de documentation Juive Contemporaine (CDJC). Paris, 1953. © Coll. Mémorial de la Shoah, Paris.

Jeudi 9 décembre, 18h30

Adresse

INHA, Galerie Colbert, Auditorium Jacqueline Lichtenstein

2 rue Vivienne - 75002 Paris