Reporté - La spoliation des biens culturels : quelle juste place dans l’histoire et la mémoire de la Shoah ?

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945)

Suite aux dispositions prises par l'INHA dans le contexte du COVID-19, ce séminaire est reporté à une date ultérieure

La spoliation des œuvres d’art s’inscrit dans l’ensemble des crimes commis par les nazis et leurs complices dans toute l’Europe. Elle fait partie du processus de destruction et de disparition ; elle ne peut être séparée de l’ensemble du projet nazi et de l’histoire de la Shoah. S’emparer des œuvres d’art et des livres des juifs, c’est œuvrer d’une autre façon à leur anéantissement. Dès lors, quelle place accorder à la spoliation spécifique des biens culturels quand tant d’hommes et de femmes furent assassinés, quand tant de biens du quotidien furent dérobés ou détruits ? Pourquoi s’intéresse-t-on tant aux œuvres d’art ? Attirent-elles trop la lumière ? Que disent-elles, tant à l’histoire de l’art qu’à l’histoire et à l’enseignement de la Shoah ? Quelle mémoire portent donc les tableaux et les livres disparus ?

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Intervenants

Annette Wieviorka (historienne, directrice de recherche émérite au CNRS) en dialogue avec Didier Schulmann (conservateur du patrimoine à la retraite, musée national d’art moderne Centre Pompidou/bibliothèque Kandinsky)
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À propos du séminaire

Après un premier cycle de séminaires « Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) » en 2019, consacrés à la recherche de provenance dans différents pays, musées ou collections, le séminaire poursuit l’étude de quelques cas particuliers, aborde de nouveaux pays et s’intéresse à la situation de certaines galeries. Pour cette deuxième année, le séminaire, organisé en lien avec l’Institut national du patrimoine et la Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 du ministère de la Culture, élargit la réflexion au contexte, à la signification et aux conséquences des recherches de provenance et des restitutions d’œuvres d’art. Si la nécessité de la recherche et des restitutions des biens spoliés pendant la période nazie s’est désormais, et heureusement, imposée, cette quête suscite encore critiques et interrogations. Les questions sont nombreuses : pourquoi recherche-t-on les œuvres d’art ? Pourquoi s’intéresse-t-on aux œuvres d’art plus qu’à d’autres biens spoliés ? Quelles sont les conséquences d’une restitution pour les descendants de personnes spoliées ? Qu’est-ce que restituer veut dire, pour les descendants des spoliés, qui se retrouvent aux prises avec une mémoire parfois difficile à affronter, ou pour les musées, qui voient partir une œuvre jusque-là exposée au public ? Le séminaire s’intéressera également aux artistes et écrivains inspirés aujourd’hui par les thèmes de la spoliation, de la disparition et de la recherche des traces. Au côté des chercheurs de provenance, des historiens de l’art et des juristes, ces créateurs font vivre le souvenir des hommes et des femmes qui furent spoliés ; ils retracent et font revivre autrement le parcours des biens et de leurs anciens propriétaires dépossédés.

Voir le programme complet du cycle de séminaire

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945)

Mercredi 18 novembre, 17h30

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, auditorium

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris