« Le Nouveau Monde : entre Dieu et le Diable »

Paradis perdus - Colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes

Laura de Mello e Souza propose de revenir sur l’ensemble de ses recherches autour de la dichotomie entre le Bien et le Mal qui a dirigé le regard européen porté sur les Amériques à l’époque des grandes découvertes et des colonisations. Souvent invoquées comme un paradis terrestre par les premiers Européens qui y sont arrivés, les Amériques ont également été vues sous un angle sombre, voire ténébreux. Cette dualité se manifeste dans l’hétérogénéité des récits des voyageurs, missionnaires et savants. La littérature issue de ces rencontres soulignait, d’un côté, la richesse de la terre américaine et l’innocence de ses habitants, et de l’autre côté, toute sorte de péchés, parmi lesquels la luxure et le cannibalisme.

Au début du XVIIIe siècle, des hommes comme le prêtre jésuite Antonil considéraient le Brésil comme un enfer pour les noirs, un purgatoire pour les blancs et un paradis pour les métis. Des décennies plus tard de savants, le naturaliste et philosophe Buffon a vu les Amériques comme un espace de dégénérescence et de désordre des espèces. Ainsi, des vues positives et négatives s’alternaient, exprimant les impasses de la catéchèse, de la colonisation, la difficulté de la confrontation avec l'inconnu, l'incertitude et l’Autre non-européen.

Laura de Mello e Souza montrera comment, dans des différents contextes (religieux et laïcs, savants et populaires), l’Enfer et le Paradis sont devenus des puissantes métaphores d’assimilation de ce Nouveau Monde, le regard européen souvent basculant entre le divin et le démoniaque, le pole positif et celui négatif.
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Intervenante
Laura de Mello e Souza (Sorbonne Université)
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À propos du cycle de conférences « Paradis perdus »

Le programme « Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes » vise à contribuer auprès de la communauté scientifique et au-delà, par l’élaboration de connaissances sur les images, les textes et les transformations de lieux, au mouvement actuel des humanités environnementales – qui cherche à dépasser le dualisme entre nature et culture et à repenser l’action humaine sur Terre face aux urgences climatiques et écologiques –, aussi bien du point de vue des intentions qui sont à l’origine de ces productions, que de leurs modes de présentation, de réception et de la continuité de leurs effets.

Voir le programme complet du cycle de conférences

Paradis perdus - Colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes

Mardi 17 novembre, 18h30

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, Salle Giorgio Vasari

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris

Conditions

  • Entrée libre