Reporté - L’indigo naturel, quelle échelle aujourd’hui ? Table-ronde réunissant producteurs et teinturiers

Couleurs du vivant. L'exemple de l'indigo

Suite aux dispositions prises par l'INHA dans le contexte du COVID-19, le table-ronde du séminaire « Couleurs du vivant. L'exemple de l'indigo » est reportée à l'automne 2020.

Alors que l’on constate depuis 10 à 15 ans une évolution inverse de celle qui s’est produite dans le domaine des textiles entre 1850 et 1914, voyant la renaissance et le développement rapide de la production et de l’utilisation des teintures naturelles, l’histoire nous offre donc un ensemble très vaste d’alternatives utilisables de nos jours. De nombreuses questions se posent toutefois aux teinturiers et producteurs de matières colorantes naturelles d’aujourd’hui. Ces questions touchent à la fois l’environnement (consommation en eau et en énergie, rejet de résidus naturels et synthétiques, épuisement des ressources colorantes), l’économie (seuil de rentabilité, définition des échelles artisanale/semi-industrielle/industrielle) et la société (organisation du travail).

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A propos du séminaire

Avec la pourpre des coquillages, l’indigo est probablement le plus ancien colorant naturel. L’indigo n’est pas une plante et n’existe donc pas à l’état naturel. C’est une matière colorante dont l’extraction est possible à partir de diverses espèces selon les régions tempérées (le pastel ou la persicaire à indigo) ou tropicales (famille des Indigofera) où il est produit. Au sein des quelques végétaux producteurs de colorants bleus, l’indigo est celui qui offre la plus grande solidité à la lumière. Ainsi, nombreux sont les explorateurs, hommes de lettres ou de sciences, artistes, teinturiers… qui ont voyagé sur les traces du bleu le plus largement partagé dans l’histoire de l’humanité, fourni par les plantes à indigo.

Plusieurs techniques existent entre la fabrication d’un pigment végétal d’indigo ou l’usage direct des feuilles de plante préparées pour le montage de cuves réduites naturellement, souvent par fermentation. L’histoire de l’indigo est aussi celle de ces procédés, dont plusieurs exemples seront proposés au cours de ce séminaire, comme la cuve de pastel picarde et la cuve japonaise traditionnelle dénommée sukumo. En 1883, le chimiste allemand Adolf von Baeyer réalise la synthèse chimique de l’indigo. Sa commercialisation nécessite quatorze années de plus pour être rentable. Ce n’est donc qu’à l’extrême fin du XIXe siècle que l’indigo de synthèse concurrença l’indigo naturel.

De nos jours, sous son état naturel comme synthétique, la quasi-totalité de l’indigo produit actuellement dans le monde est utilisée pour la teinture et reste l’un des colorants mondiaux les plus populaires.

Voir le programme complet du séminaire

Couleurs du vivant. L'exemple de l'indigo
Oxydation de l’indigo (Strobilanthes cusia), Okinawa 2018 © Sandrine Rozier

Mercredi 6 mai, 18h00

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, auditorium

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris

Conditions

  • Entrée libre