Performativités noires : cultures visuelles, corps noirs et performances. Autour des danses.

Séminaire

L’étude des circulations des danses dites africaines dans l’Atlantique impose de nouvelles lectures sur les notions de « traditionnel » et de « contemporain », et revendique de nouveaux outils d’analyse afin de comprendre les processus de création, les répertoires, les influences, les transformations, les appropriations et les réinterprétations de ces pratiques dans nos jours. Pour cette rencontre du séminaire « Performativités Noires » autour des danses, il sera question de se plonger, par le dialogue entre danse et anthropologie, dans l’analyse critique des catégories en jeu grâce à la confrontation à des savoirs et pratiques en Afrique, et, par la voie de la création, dans l’esthétique du désordre comme résistance qui nous apprend le Bigidi. Dans ces deux exemples de transmissions et transformations des danses, les corps noirs dansants occupent la place de mémoriel corporel des gestes et témoignent d’une esthétique-politique de la résilience et survie.

Le Bigidi, une esthétique du désordre du corps dansant caribéen

Corps instable, corps imprévisible, corps chaotique, corps mémoire, corps résistance, corps-monde, c’est bien cette complexité que nous révèle la performance musico-chorégraphique caribéenne. Danser le désordre, frôler la chute ultime et ne jamais tomber pour autant, est un art qui magnifie le déséquilibre. Car, ici, dans ces espaces, on danse la vie !

Intervenante
Léna Blou (Centre de danse et d’études chorégraphiques Léna Blou)

« La danse africaine », un malentendu catégoriel. (Re)mises en perspective depuis l’Afrique

Si « la danse africaine » est une catégorie fréquemment utilisée, cette référence repose en réalité sur un ensemble de malentendus. A partir d’un travail ethnographique mené chez les WoDaaBe du Niger et de recherches croisant outils en danse et anthropologie sur plusieurs terrains africains, différents processus émergeront, allant de la négritisation de « la danse africaine » à sa reconnaissance chorégraphique. Dès lors que l’Afrique devient un concept à géométrie variable, il s’agira de décentrer nos outils d’analyse pour « construire la blackness depuis l’Afrique » (T. Fouquet, dans Politique africaine, N°136, décembre 2014).

Intervenante
Mahalia Lassibille (université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis)
___

À propos de ce séminaire : Performativités noires : cultures visuelles, corps noirs et performances

Par l’utilisation des archives mémorielles et corporelles propres aux communautés noires, de nombreux artistes participent à l’élaboration de nouveaux récits sur la migration, la circulation et la préservation des gestes. Ce séminaire s’intéresse aux usages de ces références dans les arts dont les corps noirs sont devenus les matières premières de travail ou de support artistique, comme l’art de la performance, les arts du spectacle et le cinéma, en observant les intersections entre ces performativités dans d’autres cultures visuelles, comme par exemple celle du sport. Pour ce faire, il réunira à l’Institut national d’histoire de l’art des spécialistes qui ont développé des réflexions historiques et critiques autour de la blackness en France. Le but est de revenir sur la généalogie de cette histoire et le développement des études qui ont été consacrées à ce sujet, en réfléchissant à la façon dont ces chercheuses et chercheurs en histoire des arts considèrent les corps noirs et les identités noires comme matières principales d’un art contemporain ayant une très forte charge politique. Le corps présent comme résistant à la violence arbitraire héritée du colonialisme et de la traite négrière est au centre des discussions qui seront menées dans le séminaire autour des répertoires artistiques, des esthétiques hétérogènes des performativités noires, et des différents régimes et supports de visibilité.

Ce séminaire qui se déroulera toute l’année 2022 préfigure le colloque international « Performativités Noires : esthétiques de la diaspora et archives des corps noirs dans l’art de la performance aux Amériques latines » qui se tiendra le 12 et le 13 janvier 2023 à l’INHA.

Le premier trimestre sera consacré à la question des performativités noires dans les arts visuels, les danses et les théâtres. Le second sera dédié aux cinémas, aux sports et aux musiques ainsi qu'à l’épistémologie des concepts.

En partenariat avec le Centre de Recherches sur le Brésil Colonial et Contemporain (CRBC/ Mondes Américains - EHESS)

Organisation
Vivian Braga dos Santos (INHA)

Comité scientifique
Odette Casamayor-Cisneros (université de Pennsylvanie, Philadelphie), Pauline Chevalier (INHA), Alejandro de la Fuente (Institut de recherche afro-latino-américaine – université d’Harvard, Cambridge), Aurora Fernández Polanco (université Complutense de Madrid), Jean Hébrard (CRBC, Mondes américains – EHESS), María Iñigo Clavo (université ouverte de Catalogne, Barcelone), Zahia Rahmani (INHA)

Intervenants
Léna Blou (Centre de danse et d’études chorégraphiques Léna Blou), Sylvie Chalaye (Sorbonne Nouvelle – Paris 3), Mahalia Lassibille (université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), Samuel Légitimus (Collectif James Baldwin de Paris), Vivian Braga dos Santos (INHA), Elvan Zabunyan (université Rennes 2)

Programme de recherche
« Observatoire : Globalisation, Art et Prospective » (domaine Histoire de l’art mondialisée)

Télécharger le programme détaillé

Séminaire
Lawonn, Festival Gwo Ka de Guadaloupe © Laurent de Bompuis

Lundi 27 juin, 18h00

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, Salle Giorgio Vasari

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris - 75002 Paris