Rotondes. Première édition du congrès des jeunes chercheurs en histoire de l’art et archéologie

Evénement

Les 21 et 22 octobre 2021, la jeune recherche questionne la discipline à travers une programmation dédiée. La première édition de « Rotondes », le congrès des jeunes chercheurs et chercheuses en histoire de l’art et archéologie, vise à rassembler le plus largement possible celles et ceux qui feront l’histoire de l’art et l’archéologie de demain, et qui ont déjà à cœur de réfléchir sur les rôles possibles de leurs disciplines.

Cette jeune recherche (étudiants de Master, doctorants et post-doctorants, conservateurs du patrimoine en formation ou en exercice) est souvent dispersée sur l’ensemble du territoire français au sein d’écoles doctorales et d’unités de recherches pluridisciplinaires, et cloisonnée en fonction des périodes, spécialités et objets d’études. Les occasions de rencontres et d’échanges sont donc rares. À l’initiative des chargés d’études et de recherche de l’INHA, « Rotondes » se veut le rendez-vous pérenne de cette communauté. Ce congrès veut donc se faire l’écho des discussions riches et constructives partagées par l’ensemble de la communauté des jeunes historiens de l’art et archéologues.

Le thème retenu pour cette première édition, « Histoire de l’art, archéologie et société(s)», s’est imposé naturellement, eu égard à l’actualité des disciplines. Les problématiques de l’histoire de l’art et de l’archéologie sont en effet fréquemment mobilisées dans les débats publics, notamment ceux ayant trait au patrimoine et aux images. Aussi le sujet proposé est-il une invitation à réfléchir aux multiples modalités régissant les rapports entre société(s), pratiques et discours des acteurs et actrices de l’archéologie et de l’histoire de l’art, en tant que disciplines scientifiques. Celles-ci s’intéressent à et interagissent avec une société qui n’est pas unitaire, mais connaît une grande diversité géographique, culturelle, politique.

Ces différentes problématiques seront traitées par de jeunes chercheurs et chercheuses aux profils variés, tant par leur formation que leur objet d’étude et leurs expériences professionnelles.

En parallèle des communications se tiendront des ateliers ou des tables rondes pratiques, méthodologiques et épistémologiques. Des associations d’étudiants d’histoire de l’art et d’archéologie seront également invitées à présenter leurs activités lors d’un forum des associations qui se tiendra en galerie Colbert.

1. Construction et déconstruction des catégories de l'histoire de l'art et de l'archéologie

Si l’écriture de l’histoire de l’art et de l’archéologie ne cesse de modifier les disciplines elles-mêmes, il peut être particulièrement délicat pour les jeunes chercheurs et chercheuses de préciser leur positionnement scientifique dans leurs champs respectifs. L’historiographie permet alors un retour critique sur les moments de constitution des champs de l’histoire de l’art et de l’archéologie, sur leurs objets d’étude ainsi que leurs méthodes, mais aussi sur leurs institutionnalisations par les pouvoirs publics. Le rôle de l’histoire de l’art dans la constitution d’une identité nationale notamment via la notion de patrimoine, mais aussi dans la constitution « d’Autres » fait l’objet de controverses, notamment à l’heure où le paradigme d’une histoire mondialisée gagne en légitimité.

Ces évolutions nous invitent à questionner notre place et notre subjectivité en tant que jeunes chercheurs et chercheuses à l’intérieur de courants historiquement, géographiquement et socialement situés. Le premier axe de ce colloque propose de poser un regard critique sur les histoires de l’art et de l’archéologie pour être davantage à même de comprendre les enjeux théoriques inhérents à chaque champ, ainsi qu’à ce qui nous lie à nos objets d’étude.

De quelle manière est-ce que le chercheur ou la chercheuse prennent en charge la construction, la promotion et la perpétuation de catégories (géographiques, ethniques, nationales…) et labels aujourd’hui débattus, s’inscrivant entre autres dans des logiques marchandes ?

2. L'Histoire de l'art et l'archéologie à la croisée des disciplines

Les autres sciences humaines, et les nouveaux champs du savoir — cultural studies, gender studies, postcolonial studies, queer studies, écocritique par exemple — constituent autant de leviers pour penser autrement nos disciplines, faire évoluer nos objets ainsi que nos pratiques de recherche, et renouveler des discours qui risqueraient de se figer en vulgate. Outre l’espace universitaire, les mouvements sociaux (Black Lives Matter) ou les collectifs militants (Guerrilla Girls, Decolonize This Place, Décoloniser les Arts...) peuvent apparaître comme de nouveaux acteurs de l’histoire de l’art, qui contribuent à remettre en question certaines pratiques et présupposés.

C’est aussi l’autonomie de l’histoire de l’art et de l’archéologie qu’il s’agit d’interroger alors qu’elles ne bénéficient pas toujours d’une visibilité institutionnelle optimale: si les apports de ces nouveaux champs d’études nourrissent nos disciplines, leurs spécificités méthodologiques peuvent sembler difficiles à définir. Quels sont alors les défis posés par cette interdisciplinarité ?

3. Diffusion des connaissances sur l'histoire de l'art et l'archéologie

La question de la diffusion de la recherche en histoire de l’art et archéologie s’impose aujourd’hui à l’attention de toutes et tous, notamment avec le développement des outils numériques. Il importe donc de s’interroger sur les acteurs (public, chercheurs et médiateurs) et les moyens proposés et employés pour la diffusion, la vulgarisation de la recherche mais aussi l’enseignement de ces disciplines. Celles-ci, longtemps réservées à un milieu restreint de connaisseurs, ont au cours des dernières années bénéficié d’une plus grande visibilité grâce aux politiques publiques mais surtout grâce à l’utilisation de nouveaux moyens de communication (réseaux sociaux, vidéos et podcast, Open Science).

Il s’agit aussi de questionner le rôle et l’efficacité des politiques culturelles dans l’ouverture et la transmission à un public plus diversifié de connaissances issues de nos disciplines. Le succès d’événements comme les Journées européennes du patrimoine ou la Nuit des musées ne doit pas occulter les enjeux persistants de démocratisation et d’accessibilité des lieux et des savoirs.

La question de l’enseignement de l’histoire de l’art et de l’archéologie dès l’école primaire est elle aussi toujours d’actualité. Dans des sociétés où les images tiennent une place de plus en plus importante, il devient nécessaire de savoir les lire, les analyser et les contextualiser. Comment l’école peut-elle se faire le lieu de cet apprentissage ?

4. Lieux et formes de l'action politique en histoire de l'art et archéologie

L’engagement de l’archéologue, de l’historien et de l’historienne de l’art est également un objet de recherche privilégié. Ces derniers peuvent être amenés à prendre position sur des questions politiques cruciales et ont un rôle à jouer dans des évolutions sociétales majeures — notamment dans l’accompagnement de mouvements d’émancipation à travers la valorisation et l’exposition de la production artistique de minorités politiques, de groupes sociaux ou de mouvements militants.

Il s’agit donc ici d’étudier l’implication concrète de celles et ceux qui ont fait et font de l’histoire de l’art et de l’archéologie leur profession dans des actions politiques ne se limitant pas à l’engagement « de métier ». Des mobilisations contestataires jusqu’aux actions ayant vocation à servir les pouvoirs en place, quelles sont les modalités d’engagement des archéologues, historiennes et historiens de l’art ? Comment envisager les interactions entre ces activités et la pratique scientifique ?

Quels sont les espaces et les moyens de mobilisation des acteurs de l’archéologie et de l’histoire de l’art — et notamment, quel peut être le rôle des institutions publiques, liées au pouvoir politique en place ? Quelle place peuvent prendre, dans le domaine de l’histoire de l’art et de l’archéologie, des acteurs politisés ne se définissant pas comme historiens ou archéologues professionnels (activistes, critiques, curators, et plus largement citoyennes et citoyens) ?

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Accès libre dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée.

La réservation est obligatoire si vous souhaitez bénéficier d'un plateau repas.
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Besoin d’information : contact-rotondes@inha.fr
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Jeudi 21 octobre - 9h00-18h00
Vendredi 22 octobre - 9h00-18h30

Evénement

21 et 22 octobre

Adresse

Institut national d'histoire de l'art (INHA)

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris