Les musées face à l’histoire. Comment montrer la spoliation et la restitution ?

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945)

Sous le titre (Re-)découvrir ((Wieder-)Entdecken), le musée des Beaux-Arts de Mannheim (Kunsthalle Mannheim, Allemagne) expose actuellement ce que furent les effets de la période nationale-socialiste sur sa collection : la perte d’environ 500 oeuvres en 1937 à la suite de la confiscation de « l’art dégénéré ». Mais le musée rappelle qu’il ne peut pas être considéré exclusivement comme une victime, car c’est dans ses murs qu’a eu lieu, en 1933, la première exposition consacrée au dénigrement de l’avant-garde moderne. L’accent est également mis sur la vie de plusieurs familles juives, grandes donatrices du musée, dont la vie fut brutalement interrompue par le nazisme. Enfin, le musée présente le résultat des recherches de provenance en cours, qui doivent permettre de faire la lumière sur l’origine et le parcours de certaines de ses oeuvres. Comment exposer l’histoire controversée d’une collection ? Le conservateur Mathias Listl de la Kunsthalle Mannheim en discutera avec Sébastien Allard, directeur du département des peintures du musée du Louvre.

___

Intervenants

Sébastien Allard (musée du Louvre)

Mathias Listl (musée des Beaux-Arts de Mannheim)

___

A propos du séminaire

Après un premier cycle de séminaires « Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945) » en 2019, consacrées à la recherche de provenance dans différents pays, musées ou collections, le séminaire poursuit l’étude de quelques cas particuliers, aborde de nouveaux pays et s’intéresse à la situation de certaines galeries. Pour cette deuxième année, le séminaire, organisé en lien avec l'Institut national du patrimoine et la Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 du ministère de la Culture, élargit la réflexion au contexte, à la signification et aux conséquences des recherches de provenance et des restitutions d'œuvres d'art. Si la nécessité de la recherche et des restitutions des biens spoliés pendant la période nazie s’est désormais, et heureusement, imposée, cette quête suscite encore critiques et interrogations. Les questions sont nombreuses : pourquoi recherche-t-on les œuvres d'art ? pourquoi s'intéresse-t-on aux œuvres d'art plus qu'à d'autres biens spoliés ? quelles sont les conséquences d'une restitution pour les descendants de personnes spoliées ? qu'est-ce que restituer veut dire, pour les descendants des spoliés, qui se retrouvent aux prises avec une mémoire parfois difficile à affronter, ou pour les musées, qui voient partir une œuvre jusque-là exposée au public ? Le séminaire s'intéressera également aux artistes et écrivains inspirés aujourd'hui par les thèmes de la spoliation, de la disparition et de la recherche des traces. Au côté des chercheurs de provenance, des historiens de l’art et des juristes, ces créateurs font vivre le souvenir des hommes et des femmes qui furent spoliées ; ils retracent et font revivre autrement le parcours des biens et de leurs anciens propriétaires dépossédés.

Voir le programme complet du cycle de séminiares

Patrimoine spolié pendant la période du nazisme (1933-1945)
Vue d’une salle de l’exposition (Wieder-)entdecken – Die Kunsthalle Mannheim 1933-1945 und die Folgen, © Kunsthalle Mannheim/Rainer Diehl

Jeudi 15 octobre, 18h30

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, auditorium

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris

Conditions

  • Entrée libre