Splendeur mimétique : le vernissage et le glaçage dans la peinture sur panneau prémoderne

Séminaire

La peinture sur panneau médiéval évoque l’éclat des pierres précieuses, la luminosité colorée des vitraux, et le doux reflet de l’or et de l’argent polis. On peut en dire autant des peintures sur panneau du XVe siècle. Pourtant, leur approche du rendu de ces matériaux est sensiblement différente. Bidimensionnelle, la peinture médiévale peut comprendre des imitations en verre de pierres précieuses et l’application somptueuse de feuilles d’or. Les primitifs flamands créent, eux, des fenêtres qui ouvrent sur des mondes remplis d’or et de pierres précieuses scintillantes, uniquement représentés par de la peinture. Cet exposé explore certaines des raisons de cette transformation en étudiant l’histoire des deux techniques de peinture à l’huile utilisées pour représenter tout ce qui scintille et brille : le vernis et la glaçure.

La séance se déroulera en anglais

Intervenantes
Marjolijn Bol (université d’Utrecht, Pays- Bas), modération Sigrid Mirabaud (INHA)

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À propos de ce séminaire

Ce séminaire de recherche fera dialoguer historiens de l’art, scientifiques de la conservation et conservateurs-restaurateurs autour de la manière dont les matériaux sont mis en œuvre pour obtenir un effet visuel dans les peintures, les enluminures, les sculptures et autres objets d’art polychromés. Les matériaux – à savoir la couleur, mais aussi tout ce qui y participe indirectement comme les liants et les vernis – et leur mise en œuvre seront étudiés en regard des diverses problématiques d’histoire de l’art et des techniques. Cette démarche se fera dans une perspective interdisciplinaire : création, transformation, réseaux, transferts techniques et artistiques.

Nous souhaitons aborder particulièrement la manière dont les données matérielles relatives aux œuvres d’art et à leur technique sont mises à la disposition des chercheurs pour leur permettre d’en tirer des connaissances nouvelles sur les pratiques artistiques (tout en respectant les principes d’interopérabilité FAIR). L’enjeu du séminaire est de montrer qu’il est possible de croiser des données très hétérogènes pour faciliter de nouvelles interprétations et renouveler les pratiques en histoire de l’art et des techniques. Il s’agira ainsi de dépasser l’approche positiviste souvent associée aux données de sciences expérimentales, pour montrer comment ces données peuvent devenir des sources au même titre que les autres données produites par et pour les sciences humaines.

En partenariat avec la Bibliothèque nationale de France

Organisation
Charlotte Denoël (BnF), Sigrid Mirabaud (INHA)

Comité scientifique
Claire Bosc-Tiessé (INHA), Charlotte Denoël (BnF), Anne-Solenn Le Hô (C2RMF), Sigrid Mirabaud (INHA), Delphine Morana-Burlot (université Paris 1 Panthéon- Sorbonne), Sylvie Neven (BnF), Federico Nurra (INHA), Laurianne Robinet (Centre de Recherche sur la Conservation)

Programme de recherche
« La fabrique matérielle du visuel : transferts des matériaux et des techniques des panneaux peints en Méditerranée XIIIe – XVIe siècles » (domaine Histoire de l’art du XIVe au XIXe siècle)

Crédits images :
Trois fioles contenant des vernis jaunes. De gauche à droite : un vernis à l'huile de lin fabriqué avec du safran, une substance résineuse provenant de la plante aloès et du sang de dragon. La deuxième fiole en partant de la gauche présente de l'huile de lin ordinaire pressée à froid comme référence pour l'influence des résines sur la couleur de l'huile. ©M. Bol

Séminaire

Mardi 8 février, 14h00

Adresse

Institut national d'histoire de l'art - Galerie Colbert, salle Walter Benjamin

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs - 75002 Paris

Conditions

  • Entrée libre dans la limite des places disponibles sur présentation d'un pass sanitaire valide.